Une présentation rapide des chroniques géonautiques
Au lendemain du 17 octobre français, naviguer dans l’ère illibérale fait sens. Des manifestations sont interdites, jugées sur la base d’une légitimité arbitraire par le chef de l’Etat et le gouvernement. Des soutiens du gouvernement proposent d’interdire un parti politique, celui-là même que le gouvernement et ses services ciblent de manière mensongère. Le Garde des sceaux met la pression sur le parquet qui propose des sanctions disproportionnées. Le terme de « terrorisme » plane pour qualifier les actions de vandalisme du 17. Envie de crier au tournant autoritaire mais plus rien ne porte le son, l’air ambiant ne sert qu’à diffuser le vacarme des vidéos courtes des réseaux, des phrases cinglantes des éditorialistes et des prises de parole affligeantes du gouvernement et du chef de l’Etat.
Ce blog n’a pas vocation à devenir particulièrement visible. C’est un moyen pour moi d’écrire et de trouver des compagnons de route pour déambuler dans cette ère incertaine. L’écriture dans mon carnet ne me semble plus suffisante car trop personnelle, je ressens la nécessité de partager, au moins un peu, pour ne pas que s’installe confortablement ce sentiment d’impuissance. L’écriture à plus grande échelle serait trop professionnelle, trop présomptueuse, je n’ai pour seule légitimité que mon existence. Cet artisanat m’ouvrira les portes de la liberté de ton et de l’anonymat qui évitera de lier tous mes écrits à mon nom, évitera des retombées présentes et à venir sur ma vie personnelles, évitera de brûler des cartes qu’il ferait bon conserver dans sa manche si la situation s’envenime encore.
L’objectif est d’écrire régulièrement sur l’état dégradé et en dégradation, de notre monde social, politique et écologique. Une fois par semaine, le week-end, un texte court, parfois plus long, sous la forme d’un élan descriptif, d’une envie analytique ou d’une construction fictionnelle. Je veux tester des styles, proto-académique ou lyrique, sobre ou baroque, me perdre dans une terminologie experte du politique, du social ou du vivant ou au contraire asséner des phrases courtes, pleines de ponctuations, dans un texte de 4 lignes.
Ralentir. Observer. Lutter. Tel est le but de ces chroniques qui visent à rendre supportable une période qui ne l’est pas. Un exutoire personnel, et si ça te tente, un forum de navigation collectif.
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